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« Et toi ? Tu mets combien sur le compte épargne de ta fille ? »

19 août 2019

Quel compte épargne ? Et voilà, encore une discussion d’une belle soirée d’été, avec l’odeur des saucisses en train de griller et une bière fraîche à la main, qui a tourné en débat entre copains. Sommes-nous vraiment obligés d’épargner POUR nos enfants ? Épargner tout court ne suffit-il pas ? Et de toute façon, ça veut dire quoi, « épargner pour nos enfants » ? Bien qu’elle ait été assez folklorique, cette discussion entre amis le week-end dernier m’a fait penser que les solutions d’épargne étaient encore très floues pour la majorité des Français. Accordons-nous alors quelques minutes, le temps de faire un tour d’horizon de ce qui existe, et leur intérêt.

Pourquoi mettre de côté pour son enfant ?

equitation-loisir-enfant-epargneD’accord, Elsa n’a que 5 ans et demi (ça compte), mais un jour, elle en aura 18 (et demi, du coup) et elle demandera peut-être à faire des études. Si aujourd’hui la maîtresse me demande uniquement d’amener les gâteaux et jus de fruits pour satisfaire toute la classe le jour de l’anniversaire de ma fille, dans un peu plus de dix ans, on me demandera seulement d’amener mon chéquier. Et ce jour-là, je serai sûrement bien content d’avoir anticipé en mettant quelques sous de côté. Je sens même que cette sensation de satisfaction peut arriver plus vite que prévue tellement Elsa et Charlotte ne parlent plus que de faire de l’équitation (oui papa, un poney c’est super trop génial). Que ce soit pour une activité physique onéreuse ou pour assumer le coût des études supérieures, je pense qu’épargner pour son enfant est primordial. Mais alors, comment on s’y prend ?

Petit à petit, l’oiseau fait son nid

Le plus dur dans l’épargne, quelle qu’elle soit, est de s’y tenir. Chacun connaît son tempérament et sa capacité à respecter ses décisions sur le long terme. Cet aspect de votre personnalité vous aidera à choisir sur quelle forme d’épargne vous allez miser. Pour vous aider à y voir plus clair, j’ai construit un petit tableau récapitulatif des principales solutions qui s’offrent à vous.

Contrat d'épargne à souscrireAssurance vieLivret jeuneLivret ADonation
Mode de fonctionnementL'assurance vie doit être régulièrement alimentée d'une somme définie. La somme présente sur le compte est accessible à tout moment.Souscrit au nom d'une personne âgée entre 12 et 25 ans pour une rémunération annuelle entre 0,75 et 2 % selon les établissements bancaires. Si ce taux varie selon la banque, il ne peut néanmoins pas être inférieur à celui du livret A.Cette forme de compte peut être ouverte à n'importe quel moment de la vie de l'enfant dès sa naissance.Lorsqu'on jouit d'un patrimoine important, il est possible d'effectuer une donation qui sera exonérée d'impôts. Celle-ci peut se présenter sous forme de biens ou d'argent, dans le cadre d'un plafond imposé. La donation peut être suivie d'une seconde donation qui impose au donateur d'être âgé de moins de 80 ans et au bénéficiaire, d'au moins 18 ans.
AvantagesPossibilité de programmer les versements
Fiscalité avantageuse à partir de 8 ans d'ancienneté
Possibilité d'encadrer l'utilisation de l'épargne, une fois le compte ouvert à l'enfant
Pas de fiscalité engagée
Possibilité d'avoir une carte de retrait avec de bas plafonds dès l'adolescence (éducation à la gestion d'argent)
Épargne disponible à tout moment
Possibilité d'ouverture de compte dès la naissance
Exonéré de tout impôt et cotisations sociales
Épargne disponible à tout moment
Exonération d'impôt sur le montant
Sous forme d'argent ou de bien
Possibilité de l'effectuer tous les 15 ans
Possibilité de cumuler avec le principe de "seconde donation"
InconvénientsEn cas de placement en fonds en euro : rendement moins intéressant qu'il y a plusieurs annéesPlafonnement à 1 600 €Rémunération à hauteur de 0,75 % seulement
Plafonnement à 22 950 €
Donation : limitation à 100 000 € pour son enfant (à chaque transaction)
Seconde donation : limitation à 31 865 €
Demande d'avoir un patrimoine

Quelques précisions s’imposent. Notamment concernant l’assurance vie qui propose un fonctionnement à première vue complexe, mais, je vous rassure, qui ne l’est pas tant que ça.

L’assurance vie

L’assurance vie propose une fiscalité avantageuse à partir de la huitième année après sa souscription. Il peut donc être intéressant d’ouvrir un compte dès les 10 ans de votre enfant afin d’obtenir cet avantage si la somme doit être retirée à sa majorité (pour ses études ou l’achat de sa première voiture, par exemple). En tant que parents et souscripteurs du contrat, vous pouvez encadrer l’utilisation du montant épargné. Avant sa majorité, l’enfant doit faire valider chacun de ses retraits par ses parents. L’âge limite peut même être prolongé jusqu’à 25 ans sur demande des responsables légaux. La rédaction d’un « pacte adjoint » permettra de fixer les conditions d’utilisation de l’argent.
Il est également possible d’ouvrir un PEL (plan épargne logement). Dans ce cas, en tant que parents, on se projette un peu loin dans l’avenir de nos enfants, mais pourquoi pas. Il paraît qu’il vaut mieux prévenir que guérir.

Le Plan Épargne Logement

Principal avantage, le PEL ouvre droit à un crédit immobilier avec un taux connu d’avance. Si les taux remontent (et oui, ils vont remonter, ne soyez pas crédules), il peut être très intéressant de bloquer une valeur dès la souscription du PEL. Le taux pratiqué est d’environ 2 % dans la limite de 92 000 € empruntés. En échange, plusieurs montants sont prédéfinis et doivent être versés : 225 € dès l’ouverture, ainsi que 540 € par an (soit environ 45 € par mois). Attention, tout retrait, même minime, avant 4 ans entraînerait la fermeture du compte. Si vous souhaitez vous tourner vers cette solution d’épargne, je ne saurai que vous conseiller de bien vous renseigner avant toute signature. Prenez le temps d’assimiler chaque détail et chaque condition du contrat.

Chaud-devant, le PEA jeune arrive

Il fait son arrivée avec la loi PACTE, adoptée depuis avril… le PEA jeune ! Réservé aux 18 – 25 ans encore déclarés sous le foyer fiscal de leurs parents, et aux mineurs émancipés, le plan d’épargne en actions permet jusqu’à 20 000 euros de versements. Fiscalement similaire au PEA, le contrat se transformerait en plan d’épargne en actions classique au 25ème anniversaire du souscrivant. À noter que cette solution d’épargne n’est pas adressée aux parents, mais directement à l’enfant. Votre rôle est donc seulement de l’encourager (ou non, selon son profil, sa maturité et son caractère) à ouvrir et alimenter ce type de compte.
Maintenant que vous avez un aperçu de vos possibilités pour épargner en faveur de votre enfant, vous pourrez briller aux prochains débats barbecue !

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